Que deviennent les DEEE après la collecte : tri et valorisation
Une fois le camion parti, que deviennent vos ordinateurs, écrans et serveurs ? Entre la réception dans un centre agréé et l'attestation de recyclage, chaque équipement suit un parcours normé : dépollution, démantèlement, tri des matières et valorisation.

Le parcours d'un DEEE en résumé : de la réception à la matière
Après une collecte DEEE, un équipement professionnel suit cinq étapes dans une filière agréée : réception et pesée avec rapprochement du bordereau de suivi des déchets, tri et orientation (réemploi ou recyclage), dépollution (retrait des composants dangereux), démantèlement puis broyage et séparation des matières, et enfin expédition des fractions vers des usines qui les réintègrent dans de nouveaux produits. Ce qui ne peut être ni réemployé ni recyclé part en valorisation énergétique ou, en dernier recours, en stockage de déchets ultimes.
Chaque étape est encadrée par la réglementation DEEE, issue de la directive européenne 2012/19/UE et du code de l'environnement : les installations doivent être autorisées, appliquer des règles de traitement sélectif et rendre compte des quantités traitées. C'est ce cadre qui permet de remettre au détenteur un certificat de traitement et une attestation de recyclage chiffrés, et non une simple promesse.
Réception et contrôle : le lot est identifié et pesé
À l'arrivée sur le site de traitement, le lot est pesé et rapproché du bordereau de suivi des déchets émis sur Trackdéchets pour les flux dangereux, ou du bon d'enlèvement pour les autres. L'installation signe la réception dans la plateforme, ce qui clôt la responsabilité du transporteur et déclenche la phase de traitement. Les écarts (quantité, nature des équipements, présence d'un flux non annoncé comme des batteries lithium en vrac) sont consignés et signalés au détenteur.
Le lot est ensuite trié par catégorie : écrans, unités centrales et serveurs, ordinateurs portables, imprimantes et copieurs, téléphonie et petits équipements, câbles, onduleurs et batteries. Les équipements comportant un support de données sont isolés pour l'effacement ou la destruction, tracés par numéro de série. Cette étape produit les premières données du futur bilan : tonnage réceptionné, répartition par famille, part dangereuse.
Réemploi d'abord : ce qui peut resservir est testé et reconditionné
La hiérarchie des modes de traitement, rappelée par la loi AGEC, place la préparation au réemploi avant le recyclage. Les ordinateurs, portables, écrans plats et téléphones récents sont testés : démarrage, état de la batterie, dalle, connectique. Les supports de données sont effacés selon une méthode conforme à la norme NIST 800-88 ou détruits physiquement, avec un certificat d'effacement par numéro de série. Les équipements qui passent les tests sont nettoyés, complétés et remis sur le marché de l'occasion professionnelle.
Le réemploi est l'option la plus favorable sur le plan environnemental : il évite la fabrication d'un équipement neuf, dont l'empreinte carbone dépasse largement celle de son usage. Pour l'entreprise, le taux de réemploi devient un indicateur de bilan RSE et, lorsque le matériel a encore de la valeur, une reprise possible, évaluée au cas par cas selon le listing.
Dépollution : retirer les composants dangereux avant tout broyage
Le traitement sélectif impose de retirer, avant broyage, les composants et substances dangereux. Sur un parc informatique, il s'agit surtout des piles et batteries (lithium, plomb des onduleurs, piles boutons des cartes mères), des condensateurs contenant des substances réglementées, des cartouches et poudres de toner, des lampes à mercure des anciens écrans à rétroéclairage fluorescent, et des cartes de circuits imprimés. Les tubes cathodiques, encore présents dans certains stocks, suivent une voie spécifique pour leur verre chargé en plomb.
Cette étape justifie le classement des écrans et des équipements à batterie en DEEE dangereux (code déchet 16 02 13*) et l'obligation de bordereau de suivi des déchets sur Trackdéchets. Les composants retirés sont eux-mêmes orientés vers des filières dédiées : batteries vers des recycleurs spécialisés, cartes vers l'affinage des métaux, toners vers un traitement adapté. Rien ne part au broyeur avant d'avoir été dépollué.
Démantèlement, broyage et tri : la séparation des matières
Le démantèlement combine des opérations manuelles (ouverture des châssis, retrait des disques, des alimentations, des cartes, des câbles) et des procédés mécaniques. Les carcasses passent ensuite dans des broyeurs, puis dans une succession de séparateurs : tri magnétique pour les métaux ferreux, courants de Foucault pour l'aluminium et le cuivre, tri par densité et tri optique pour les plastiques, criblage pour les fines. Chaque fraction est analysée avant expédition pour respecter le cahier des charges des usines destinataires.
Un ordinateur de bureau est majoritairement composé d'acier et de plastiques ; un portable concentre l'aluminium, la batterie et une carte mère riche en cuivre, en or, en argent et en palladium. Les cartes électroniques sont envoyées vers des fonderies et des affineurs qui récupèrent ces métaux. Les plastiques contenant des retardateurs de flamme bromés sont séparés des autres pour ne pas contaminer les plastiques recyclés.
- Métaux ferreux : aciéries, retour dans la sidérurgie
- Aluminium et cuivre : fonderies et affineurs de métaux non ferreux
- Cartes électroniques : affinage des métaux précieux (or, argent, palladium, cuivre)
- Plastiques triés par résine : granulés pour de nouvelles pièces
- Verre, câbles et fractions minérales : filières spécialisées
Valorisation : recyclage matière, énergie et déchets ultimes
La valorisation regroupe tout ce qui évite l'élimination. Le recyclage matière transforme les fractions triées en matières premières secondaires. Les résidus non recyclables mais combustibles (mélanges de plastiques dégradés, mousses) partent en valorisation énergétique. Seule la fraction ultime, sans solution technique ou économique de valorisation, rejoint une installation de stockage. La directive fixe des objectifs minimaux de valorisation et de recyclage par catégorie d'équipements, de l'ordre de trois quarts à plus des quatre cinquièmes du poids collecté selon la famille.
Ces taux sont mesurés à partir des pesées d'entrée et de sortie de l'installation, ce qui permet de remettre au détenteur une attestation de recyclage indiquant les tonnages réemployés, recyclés, valorisés et éliminés. C'est cette base, et non une estimation, qui alimente le bilan RSE et le reporting extra-financier de l'entreprise.
Ce que vous recevez à la fin : la preuve du traitement
Le traitement se termine par un lot documentaire qui ferme la boucle ouverte lors de la demande de collecte. Le BSD signé par l'installation atteste la fin du parcours pour les flux dangereux. Le certificat de traitement ou de destruction confirme que les équipements listés ont été dépollués et démantelés, ce qui justifie leur sortie de l'inventaire et de l'actif comptable. L'attestation de recyclage et le bilan RSE traduisent le tout en tonnages, en taux et en émissions évitées. Le certificat d'effacement couvre les supports de données.
Un recyclage DEEE conforme se reconnaît à ces documents. Ils permettent de répondre à un inspecteur, à un auditeur RSE ou à un client sans reconstituer l'historique. Conservez-les avec le registre des déchets, classés par enlèvement.
Après la collecte, vos équipements passent par la réception, le tri, la dépollution, le démantèlement et la séparation des matières, avant de repartir sous forme de matières premières ou d'équipements reconditionnés. La filière agréée mesure chaque étape et vous remet certificat de traitement, attestation de recyclage et bilan RSE. Pour un parc à faire enlever, faites une demande de collecte : devis gratuit, réponse sous 24 h.
Questions fréquentes
Quel pourcentage d'un ordinateur est vraiment recyclé ?
La majorité du poids d'un ordinateur est constituée de métaux (acier, aluminium, cuivre) et de plastiques qui se recyclent bien ; les cartes électroniques sont affinées pour récupérer or, argent, palladium et cuivre. Les taux réels dépendent de la famille d'équipements et de l'installation, et sont mesurés par pesée. La réglementation fixe des objectifs minimaux de valorisation par catégorie, et l'attestation de recyclage indique les taux constatés pour votre lot.
Les données de mes disques durs sont-elles détruites lors du recyclage ?
Le broyage seul ne suffit pas comme garantie. Dans une filière organisée, les supports de données sont isolés dès la réception, puis effacés selon une méthode conforme à la norme NIST 800-88 ou détruits physiquement, avec un certificat d'effacement ou de destruction par numéro de série. Ce document répond aux exigences du RGPD et doit être demandé lors de toute collecte DEEE d'équipements informatiques.
Que deviennent les écrans et les batteries après la collecte ?
Les écrans et les batteries sont des DEEE dangereux. Les écrans sont dépollués (retrait des lampes à mercure sur les anciens modèles, séparation du verre et des cartes) avant tout broyage ; les batteries sont retirées et envoyées vers des recycleurs spécialisés qui récupèrent les métaux. Ces flux sont suivis par un bordereau de suivi des déchets sur Trackdéchets jusqu'à la signature de l'installation de traitement.
Des DEEE à faire enlever ?
Deux questions, une proposition sous 24 h, enlèvement partout en France, BSD inclus.


