Estimer le poids de ses DEEE pour le registre et le BSD
Le registre des déchets et le bordereau de suivi demandent une quantité, le plus souvent un poids. Peu d'entreprises savent combien pèsent leurs DEEE. Voici comment l'estimer simplement, puis le fiabiliser.

Pourquoi le poids des DEEE compte
Le poids est l'unité de mesure de la gestion des déchets. Le registre chronologique des déchets demande, pour chaque flux sortant, la quantité concernée ; le bordereau de suivi des déchets indique une quantité au départ puis à l'arrivée ; les bilans environnementaux et les indicateurs de valorisation s'expriment en tonnes. Une entreprise qui ignore le poids de ses DEEE ne peut ni tenir correctement son registre, ni chiffrer le résultat de son recyclage.
Le poids sert aussi à préparer l'enlèvement : choix du véhicule, nombre de palettes, besoin d'un hayon ou d'un transpalette, et parfois déclaration du transporteur selon les volumes transportés. Une estimation même approximative évite les mauvaises surprises le jour de la collecte DEEE, comme un camion trop petit ou un lot plus lourd que prévu pour un escalier.
Le poids conditionne enfin certaines règles de transport. Au-delà de 0,1 tonne de déchets dangereux ou de 0,5 tonne de déchets non dangereux par chargement, le transport pour le compte de tiers est réservé à des transporteurs déclarés en préfecture. Connaître l'ordre de grandeur de son lot permet donc de vérifier que l'enlèvement est organisé dans les règles, et de prévoir le bon nombre de véhicules si le volume est important.
Quantité estimée, quantité pesée : deux chiffres sur le bordereau
Sur un bordereau de suivi des déchets, la quantité apparaît deux fois. Au départ, le producteur indique une quantité estimée, faute de pouvoir peser le lot sur place dans la plupart des cas. À l'arrivée, l'installation de destination pèse le chargement et renseigne la quantité réellement reçue. Sur Trackdéchets, les deux valeurs coexistent et l'entreprise peut les consulter.
Un écart entre les deux n'a rien d'anormal tant qu'il reste raisonnable : une estimation reste une estimation. Un écart important mérite en revanche une vérification, car il peut signaler un oubli dans l'inventaire, une erreur de saisie ou un chargement qui n'a pas suivi le chemin prévu. C'est l'une des raisons pour lesquelles une estimation soignée au départ est utile.
Les ordres de grandeur par type d'équipement
Pour estimer, il suffit d'appliquer à chaque type d'équipement un poids moyen. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur indicatifs, qui varient selon les modèles et les générations : un écran récent est plus léger qu'un ancien, un serveur se charge de disques et d'alimentations. Elles suffisent pour une estimation de départ, que la pesée viendra corriger.
Pour les équipements atypiques, la fiche technique du fabricant donne le poids exact. Pour un lot très hétérogène, la pesée d'une palette type reste la méthode la plus fiable.
D'autres équipements pèsent beaucoup plus lourd et méritent une attention particulière : un copieur multifonction sur pied ou un onduleur de forte capacité peuvent peser plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilos. Ils influencent fortement le tonnage total et la logistique de l'enlèvement. Pour ces équipements, relevez le poids indiqué sur la plaque signalétique ou dans la documentation technique plutôt que de l'estimer.
- Smartphone ou téléphone : quelques centaines de grammes
- Ordinateur portable : environ 1,5 à 2,5 kg
- Unité centrale de bureau : environ 5 à 10 kg
- Écran plat de bureau : environ 3 à 7 kg
- Serveur au format rack : souvent 10 à 30 kg selon la hauteur
La méthode : du comptage au tonnage estimé
La méthode la plus simple part de l'inventaire. Comptez les équipements par type, multipliez chaque quantité par son poids moyen, puis additionnez. Ajoutez le poids des petits équipements en vrac (câbles, claviers, souris, alimentations) en les pesant par carton, avec une simple balance. Enfin, tenez compte du conditionnement, palettes et cartons, qui ajoute quelques dizaines de kilos par palette.
Le résultat est une quantité estimée, exprimée en kilos puis convertie en tonnes, que l'on reporte sur le bordereau pour les flux dangereux et dans la demande de collecte pour tous les flux. Séparez dès cette étape les flux dangereux (batteries, onduleurs, certains écrans) des autres : ils feront l'objet de documents distincts et doivent être estimés séparément.
Un exemple : 40 ordinateurs portables à environ 2 kg, 25 écrans à environ 5 kg et 10 unités centrales à environ 8 kg représentent à peu près 285 kg. Ajoutez deux cartons de câbles et de claviers pesés à 30 kg, puis trois palettes d'environ 25 kg chacune : le lot approche 390 kg, soit 0,39 tonne. Si les écrans sont classés comme flux dangereux, ils sont estimés et déclarés séparément, avec leur propre bordereau.
Peser un échantillon ou une palette
Quand le parc est hétérogène, la pesée d'un échantillon améliore nettement l'estimation. Pesez une palette représentative avec un transpalette peseur, ou quelques cartons types sur une balance, puis extrapolez au nombre de palettes ou de cartons. Pour les gros équipements, comme les copieurs ou les onduleurs de grande capacité, la fiche technique reste la meilleure source.
Cette pesée n'est pas obligatoire, mais elle rend le dossier plus solide, surtout pour les entreprises qui suivent leurs tonnages d'une année sur l'autre. Elle permet aussi de mieux dimensionner le transport et de réduire l'écart entre la quantité estimée et la quantité pesée à l'arrivée.
Après l'enlèvement : reporter le poids réel au registre
Une fois le lot traité, la quantité réellement reçue par l'installation de destination figure sur le bordereau finalisé et sur le certificat de traitement. C'est cette valeur, plutôt que l'estimation de départ, qu'il est préférable de reporter dans le registre des déchets, en face de la date d'enlèvement, du code déchet, du transporteur et de l'installation de destination.
Pour les flux non dangereux, sans bordereau obligatoire, le poids réel provient des justificatifs remis en fin d'opération. Conserver ces documents avec le registre permet de justifier chaque ligne en cas de contrôle et de reconstituer facilement le tonnage annuel par type de déchet.
Un registre bien tenu indique pour chaque ligne la même unité, de préférence la tonne avec trois décimales, et renvoie au document qui justifie la quantité. Cette discipline paraît fastidieuse, mais elle évite de reconstituer les chiffres à la main en fin d'année. Elle rend aussi le registre immédiatement exploitable en cas de contrôle, d'audit interne ou de demande d'un client sur votre gestion des déchets.
Le tonnage, base du bilan RSE
Les tonnages consolidés deviennent des indicateurs de pilotage : quantité de DEEE détournée de l'élimination, part réemployée, part recyclée ou valorisée, évolution d'une année sur l'autre. Ils alimentent le bilan RSE de l'entreprise et, pour celles qui y sont soumises, le reporting de durabilité. Sans poids fiable, ces indicateurs perdent leur sens.
Prendre l'habitude d'estimer, puis de reporter le poids réel, transforme une obligation documentaire en outil de suivi. Le recyclage DEEE de l'entreprise se mesure alors comme n'importe quelle autre activité, avec des chiffres comparables d'une opération à l'autre.
Estimer le poids de ses DEEE n'a rien de compliqué : un inventaire par type, des poids moyens, une pesée d'échantillon si le lot est hétérogène, puis le report du poids réel au registre. Cette rigueur fiabilise le bordereau, le registre et le bilan RSE. Pour préparer un enlèvement avec un tonnage estimé et les bons documents, faites une demande de collecte.
Questions fréquentes
Combien pèse un ordinateur ou un écran pour un bordereau ?
En ordre de grandeur, un ordinateur portable pèse environ 1,5 à 2,5 kg, une unité centrale de bureau environ 5 à 10 kg et un écran plat de bureau environ 3 à 7 kg. Ces valeurs varient selon les modèles : elles servent à estimer la quantité au départ, que l'installation de destination remplace ensuite par le poids réellement pesé.
Faut-il peser ses DEEE avant la collecte ?
Ce n'est pas obligatoire : le bordereau de suivi des déchets prévoit une quantité estimée au départ, puis la quantité pesée par l'installation de destination. Une pesée d'échantillon reste utile pour un lot hétérogène, car elle fiabilise l'estimation, aide à dimensionner le transport et réduit l'écart avec le poids constaté à l'arrivée.
Quel poids reporter dans le registre des déchets ?
Le plus fiable est de reporter la quantité réellement reçue par l'installation de destination, indiquée sur le bordereau finalisé ou sur le certificat de traitement. L'estimation de départ peut servir provisoirement, mais le registre gagne en solidité quand il reprend le poids pesé, flux par flux, avec la date, le code déchet et la destination.
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